lundi 23 avril 2018

LIVRaisons c'est aussi un espace photographique...




Bord de mer près de Saint Idesbald le 22 avril 2018
© Edmond Morrel

"Sans la musique, la vie serait une erreur" : Les Chroniques de l'actualité musicale par Jean Lacroix

                   "Sans la musique, la vie serait une erreur" 

Chroniques de l'actualité musicale par Jean Lacroix  

LIVRaisons : de multiples fenêtres ouvertes sur le livre et la culture.  
Au-delà des textes inspirés par  l'actualité éditoriale (littérature, essais, BD etc), le blog LIVRaisons ouvre dorénavant ses  pages à différentes disciplines artistiques et en confie les recensions  à de nouveaux commentateurs, dont Jean Lacroix qui inaugure ici la série "Sans la musique, la vie serait une erreur".
Au fil des jours, LIVRaisons deviendra le lieu de rendez-vous où s'exprimeront en toute liberté de ton, mais de manière toujours accessible,  les curiosités enthousiastes , les compétences , les éruditions .
Nous pensons ainsi faire de LIVRaisons un instrument répondant à sa multiple vocation: chambre d'écho de PEN Belgique ( le centre belge francophone de PEN International), caisse de résonance de la web radio www.espace-livres.be , outil de mise en valeur de la revue MARGINALES. 
(Jean Jauniaux, rédacteur en chef de LIVRaisons, avril 2018 )


D'où vient le titre de ces chroniques? 

Dans un petit ouvrage illustré, paru en 1995, en adaptation française, aux éditions Exley établies à Bierges, Helen Exley dresse une liste de citations qu’elle intitule « Passion de la musique ». On y retrouve Pablo Casals, Proust, Stendhal, Wagner, Debussy ou Béjart, mais aussi, à la toute dernière page, Frédéric Nietzsche, avec cette maxime extraite de son Crépuscule des idoles de 1888. On ne peut que partager l’affirmation selon laquelle « sans la musique, la vie serait une erreur ». Cette sentence du philosophe mériterait un long développement qui ne serait pas de mise ici, mais elle acquiert un poids quasi métaphysique lorsque l’on estime que la musique permet l’accès à un monde qui nous dépasse et donne à l’existence une abondance de biens sensibles. Nous avons pensé que placer la présente chronique musicale sous le signe de Nietzsche trouvait sa pleine justification. Il s’agira ici de donner au lecteur des pistes pour une sélection de disques récents, qui méritent plus qu’un détour et ne dépareraient en aucun cas la discothèque de tout mélomane digne de ce nom. 
(Jean Lacroix) 

Pour entamer le débat avec panache, il faut mettre en évidence un CD jubilatoire qui sort des sentiers battus et met en évidence une immense cantatrice de notre temps, que l’on entend plutôt dans Bach, Haendel, Mahler ou Debussy (ah, sa Mélisande !), même si elle a déjà tenté l’expérience de Carmen au Festival de Salzbourg en 2012, avec Jonas Kaufmann. Après avoir adoré puis haï Wagner, Nietzsche s’était pris de passion pour Bizet.  Il aurait sans doute été surpris de découvrir la soprano tchèque Magdalena Kozena, l’épouse de Simon Rattle, dans un tout autre registre : quinze chansons de Cole Porter (1891-1964) qui s’écoutent avec un ravissement croissant. On sait que Porter est l’auteur de comédies musicales célèbres dont la plupart ont été créées à Broadway, mais aussi de chansons que tout le monde connaît. Porter écrivait paroles et musique ; sous sa plume sont nés des airs immortels : Night and Day, You’re the Top ou Begin the Beguine. On les retrouve tous les trois, avec une douzaine d’autres, dans cet enregistrement que l’on doit à un nouveau label (Brnofon BRF 001-2). Magdalena Kozena explique dans le livret qu’elle aime Cole Porter depuis le temps de ses études et qu’elle est une grande admiratrice d’Ella Fitzgerald ou de Billie Holiday. Elle déclare aussi avoir été inspirée par l’exemple de Frederica von Stade, qui n’a pas hésité à se lancer dans La Mélodie du bonheur ou dans Show Boat. Comme elle a eu raison! Car ce CD est un régal du début à la fin. Kozena prête sa voix chaude à toutes les subtilités de Porter, avec un glamour élégant, elle swingue avec pudeur et suavité, mais aussi avec grâce et chaleur, elle envoûte l’auditeur qu’elle mène au coin du feu pour rêver. Il faut dire que la cantatrice a mis tous les atouts de son côté. Avant le présent enregistrement réalisé à Prague en juin 2017 dans les studios de la Radio tchèque, Magdalena Kozena s’est produite en concert dans plusieurs villes européennes : Berlin, Hambourg, Londres, Prague, Bratislava… On sent qu’elle fait corps avec ce répertoire qu’elle défend avec une vérité séductrice. Comme atout supplémentaire, elle est accompagnée par l’orchestre Melody Makers, l’un des meilleurs au monde dans le domaine du jazz authentique et du swing, placé sous la direction du chanteur, comédien et réalisateur Ondrej Havelka, qui tourna un documentaire avec Kozena il y a quelques années. Inutile d’ajouter que ce délicieux et enthousiasmant CD est un achat prioritaire. Car à la musique s’ajoute le plaisir de l’image : quelques photographies de la cantatrice en robe de circonstance sont des mieux venues.


Les labels tchèques nous gâtent. Chez Supraphon (SU 4245-2), on trouve un hommage au pianiste Ivan Moravec, né et mort à Prague (1930-2015). Cet immense artiste est réputé pour  ses interprétations de compositeurs de son pays (Smetana, Janacek…), mais aussi de Mozart, Beethoven, Debussy, Ravel et Franck. Sa vision lyrique de Chopin est saluée comme une évidence, en particulier dans les Nocturnes. Dans le présent CD, trois enregistrements en public nous sont proposés, ceux des concertos de Grieg (1984), de Ravel (1974) et du premier de Prokofiev (1967) - ces deux derniers au Festival du Printemps de Prague -, ce qui donne une image cohérente d’un répertoire varié, mais aussi des témoignages d’interprétations étalées sur une petite vingtaine d’années. Ce qui caractérise le jeu de Moravec, au-delà d’une technique accomplie, c’est la qualité et la finesse du toucher, la recherche de l’équilibre, la ferme douceur de la main qui est toujours d’essence poétique. Chez Grieg, avec l’Orchestre symphonique de Prague sous la baguette de Miklos Erdelyi, rien n’est galvaudé, la sensibilité mélodique des images picturales est sublimée, l’atmosphère aérée et l’expression dosée de tout son poids de chaleur. Chez Ravel, loin d’autres interprétations plus « légères », on assiste à un engagement qui surprend par sa densité mais aussi par la capacité de l’interprète à contraster les atmosphères. L’Adagio central, au cœur de l’œuvre, est un grand moment de pudeur concentrée, le piano s’abandonne à un chant retenu, mais éperdu. Ici, c’est la Philharmonie tchèque qui accompagne, sous la direction de Youri Simonov, dont le souvenir de maintes prestations à la tête de notre Orchestre National de Belgique est encore vicace. Pour Prokofiev, enfin, ce bloc de lave en fusion de quinze minutes, Moravec et la même Philharmonie tchèque, conduite par Karel Ancerl, plongent l’auditeur dans un festival dynamique qui fait exploser une partition écrite par un compositeur de vingt et un ans. Cette version rejoint dans la fureur et le rythme implacables les plus beaux souvenirs d’un Sviatoslav Richter déchaîné. On l’aura compris : ce portrait bien construit d’un immense pianiste mérite de demeurer aux premières places de la mémoire collective, d’autant plus que la qualité de la restitution sonore est au rendez-vous.


Les concertos pour piano de Saint-Saëns n’ont pas toujours la reconnaissance qu’ils méritent. On leur reproche parfois leur facilité mélodique ou leur manque de profondeur. C’est faire preuve d’injustice, car l’audition attentive de ces cinq partitions démontre l’inspiration, la clarté, la nuance, le goût. Il en existe de mémorables intégrales, dues entre autres à Philippe Entremont, Pascal Rogé ou Jean-Philippe Collard, mais celle qui domine, géniale, date de 1957, elle est due à Jeanne-Marie Darré, splendidement accompagnée par l’Orchestre national de la RTF, dirigé par Louis Fourestier. C’est un miracle d’équilibre et d’élégance, hélas difficilement accessible aujourd’hui (à rééditer d’urgence). Des versions isolées de Rubinstein, Duchâble ou Ciccolini confirment qu’il ne s’agit pas de concertos de second rayon. C’est avec cette intention avouée que Romain Descharmes, né à Nancy en 1980, Premier Grand Prix du Concours International de Dublin en 2006, a abordé son intégrale, la dernière en date, bien accueillie par la critique pour ses deux premiers volets. Il vient d’en signer le dernier, les concertos 4 et 5, chez Naxos (8.573478), avec le Symphonique de Malmö, sous la direction de l’infatigable défenseur de la musique française qu’est Marc Soustrot. A près de 80 ans, ce dernier mène sa phalange avec un enthousiasme contagieux, mais aussi avec un sens de la justesse qu’il faut mettre en exergue. C’est cela qui compte chez Saint-Saëns : le dosage instrumental, la retenue et le soulignement des sonorités par la finesse du geste. Descharmes, dont le nom évocateur ne ment pas, déploie ici tout son « charme » juvénile pour faire chanter le 4e concerto de 1875, que Cortot aimait tant et jouait avec ferveur. C’est pourtant une partition mal aimée, peu présente dans les concerts, malgré un lyrisme échevelé et des envolées pianistiques éblouissantes. Quant au 5e concerto (1896), surnommé « l’Egyptien » parce que le compositeur en conçut la genèse lors d’un de ses nombreux séjours de santé en Egypte, il est en fait l’héritier de toutes les cultures assimilées par ce musicien qui composait comme l’on respire. Une audition attentive de ces deux oeuvres permet de se rendre compte que l’on a affaire ici à un précurseur de Rachmaninov, que ce soit dans les arpèges rapides qui ornent les partitions ou dans l’orchestration déclamatoire. Voilà une intégrale achevée, elle a désormais sa place au panthéon des œuvres de Saint-Saëns, ce musicien si décrié mais si doué.   


Pour en finir avec le piano dans la présente chronique, il faut encore saluer la publication d’un CD Orfeo (C944 1821) qui propose un programme Liszt confié à Francesco Piemontesi, né à Locarno en 1983 ; il fut troisième lauréat du Concours Reine Elisabeth en 2007. Depuis, l’artiste a fait son chemin, ô combien ! A son égard, la critique n’hésite pas à utiliser des termes dithyrambiques : raffinement, expressivité exceptionnelle, technique implacable, phénoménale concentration du jeu. On pourra s’en rendre compte dans le présent enregistrement de studio, effectué à Lugano en janvier 2017. La Première Année de pèlerinage, la Suisse est complétée par une des deux Légendes : St François de Paule marchant sur les flots. Quand on évoque les Années, on pense à Lazar Berman ou à Alfred Brendel, à marquer d’une pierre blanche, mais aussi à France Clidat, à Aldo Ciccolini ou plus récemment à Bertrand Chamayou. Il existe aussi un extraordinaire CD paru chez Oehms : en juin 2010, Tomas Dratva joue la Suisse sur le Steinway de Wagner lui-même dans la maison Wahnfried de Bayreuth. Une expérience séduisante ! Francesco Piemontesi s’installe au premier rang des interprètes de ce cycle pianistique pour toutes les qualités énoncées plus haut à son encontre. Ce premier voyage musical de Liszt demande aussi un sens de la couleur, que Piemontesi distille avec goût, dans des teintes qui font respirer la Vallée d’Oberman, baignent avec harmonie la Chapelle de Guillaume Tell ou font miroiter les eaux du Lac de Wallenstadt. Les accents sont habités, ils le sont tout autant dans la légende de Saint François de Paul  marchant sur les eaux, dont la fluidité est esquissée prodigieusement, tout autant que la portée mystique sous-jacente. L’éditeur a eu la bonne idée de joindre au présent CD un DVD reprenant l’interprétation de Piemontesi des neuf pièces de la Suisse. C’est un film documentaire signé Bruno Monsaingeon, dans lequel le pianiste s’exprime en français et en italien, avec des sous-titres en anglais. De superbes images introduisent chaque séquence. On attend avec impatience que Piemontesi nous offre l’Italie, suite des Années de pèlerinage.


Dans le domaine de la musique vocale, on soulignera trois parutions récentes. La première consiste dans l’enregistrement du Stabat mater de Luigi Boccherini dans sa première version de 1781, destinée à une soprano et un quintette à cordes, composée à la demande de Don Luis de Bourbon (Musica ficta MF8026). Vingt ans plus tard, le compositeur révisera sa partition, en y ajoutant une ouverture et deux voix. Le lecteur pourra se référer à la notice du livret, très détaillé, pour connaître les péripéties de cette évolution. Boccherini a fait des emprunts à des œuvres antérieures pour composer ce Stabat mater, il en utilisera des morceaux dans des compositions ultérieures. En onze parties, sur des extraits d’un texte du XIIe siècle de Jacques de Todi, Boccherini met l’accent sur les souffrances de Marie, ce qui entraîne un effet de déploration inhérent au drame et engendre parfois une impression de monotonie, magistralement sauvée par la voix de Magali Léger, déjà entendue dans Haendel, Pergolèse, Porpora, Debussy ou Piazzola (on peut la voir dans un DVD délicieux de l’opéra comique de Grétry, L’Amant jaloux). L’Ensemble Rosasolis, soucieux de l’atmosphère de recueillement qu’impose cette musique, est en parfaite adéquation avec la soliste. En complément, on trouve un quintette à cordes peu connu, opus 45 n° 1, à l’ampleur symphonique, écrit en 1792, lorsque Boccherini fut employé à la cour de Frédéric Guillaume II.


Le pianiste, pédagogue et compositeur Léopold Kozeluch (1747-1818) fut aussi éditeur de musique. Parmi de nombreuses partitions, il fut amené à écrire une Cantate pour le couronnement de Léopold II en qualité de roi de Bohème, sacre qui eut lieu le 6 septembre 1791. Cette imposante partition de près de 70 minutes est enregistrée en première mondiale par le label Naxos(8.573787). Ce dernier déploie à cet égard les effectifs de l’Orchestre Symphonique de Prague, trois solistes du chant (soprano, deux ténors), un clavecin et un chœur, les Martinu Voices, sous la direction de Marek Stilec, qui a déjà été le maître d’œuvre d’un CD pour le même label où figurent des symphonies de Kozeluch. Pour ce couronnement, Mozart reçut aussi la commande de son opéra La Clémence de Titus. La partition de Kozeluch fut bien accueillie et créa un engouement dans les cours royales. En 1792, il succéda à Mozart comme Kammer Kapellmeister et Hofmusik Compositor, fonction qu’il occupera jusqu’à son décès. La présente cantate, sous-titrée « Heil dem Monarchen », dramatique à souhait, est divisée en dix-huit parties qui font la part belle aux chœurs et aux solistes ; elle alterne les épisodes grandioses et plus intimes avec un réel bonheur, ce qui permet à l’auditeur de conserver de l’intérêt au fil de l’oeuvre. Récitatifs, arias et ensembles se succèdent avec un effet contrastant bienvenu. La soprano Kristyna Vylicilova, aux accents nobles, et les ténors Tomas Korinek et Josef Moravec, vaillants et engagés, font honneur à ce moment d’histoire. Léopold II, qui était le frère de la reine Marie-Antoinette, mourut six mois plus tard ; c’est son fils, l’empereur François II, qui lui succéda.


Retour aux Tchèques pour le troisième CD vocal. Honneur à Bohuslav Martinu et à ses quatre cantates de fin de vie, écrites entre 1955 et 1959. Le compositeur disparut la même année, à l’âge de 69 ans. Il s’agit de petits bijoux, très peu connus, rarement programmés, en tout cas dans les pays francophones. Les noms en sont évocateurs : L’Ouverture des sources (1955), La Légende des  fumées de fanes de pommes de terre (1956), La Romance des pissenlits (1957) et Mikes des montagnes (1959). On le devine, les thèmes sont bucoliques, ils sont issus de textes du poète Miroslav Bures et forment un cycle d’histoires liées à la région de Vysocina, à la limite de la Bohême et de la Moravie. Les effectifs sont réduits : ils comprennent une soprano pour les quatre titres, un baryton ou un ténor à deux reprises, un piano, un accordéon, une clarinette, des membres d’un quatuor à cordes selon la nécessité. C’est un domaine poétique intimiste, dans lequel les citations folkloriques sont présentes, Martinu optant pour la simplicité du message musical. Il faut vivre ces délicates partitions comme un souffle d’air pur, les mots sont mis en valeur par les instruments ou les voix avec beaucoup de délicatesse et de finesse, mais aussi avec un humour léger. Ce CD Supraphon(SU 4198-2) est une intelligente réalisation : l’abondant livret en quatre langues propose la traduction française des textes, l’auditeur prendra ainsi du plaisir à suivre les péripéties des aventures racontées. La qualité des interprètes est à souligner, on les sent investis dans ce répertoire qui sort de l’ordinaire. On mentionnera en particulier la soprano Pavla Vykopalova, qui tient un rôle dans les quatre cantates. Un disque nécessaire, pour aller à la découverte de terrains méconnus, mais hautement poétiques, d’un compositeur de premier plan.

Un clin d’œil pour terminer. En ce mois d’avril, la Monnaie a programmé Lohengrin de Wagner, (Note de LIVRaisons: opéra auquel Jean Lacroix consacrera une prochaine rubrique complétant celle de Jean Jauniaux et Jacques De Decker) avec Alain Altinoglu à la tête de l’orchestre. A cette occasion, il n’est pas inutile de rappeler que ce chef remarquable avait signé, en 2004, un enregistrement, toujours disponible, d’une partition rare : Le Serment d’Alexandre Tansman (1897-1986), qui date de 1953 et fut créé par André Cluytens à la RTF, puis donné à la Monnaie même, sous la direction de Louis Defossez, en version scénique, l’année suivante. Il s’agit d’un épisode lyrique en deux tableaux sur un livret de Dominique Vincent, d’après La Grande Bretêche de Balzac. C’est l’histoire du trio habituel, le mari, la femme et l’amant. Celui-ci subira un sort tragique : pour ne pas trahir celle qu’il aime, il sera muré vivant dans un placard. La femme, pour ne pas avouer, se confinera dans le silence, l’abandonnant à son sort ! Le livret de ce CD (une production Radio France FRF 001- HM 90 de novembre 2007) précise que Tansman écrivait, lors de la version scénique à Bruxelles, que l’auteur du texte et lui-même avaient « cherché à condenser l’action de la nouvelle de Balzac dans un drame rapide et brutal, se déroulant à la limite du rêve et du réel ». Cette réalisation requiert cinq solistes du chant, un récitant et des chœurs, en plus d’un orchestre symphonique. Avis aux amateurs de raretés ! 
Alain Altinoglu, qui était, pour cet enregistrement de 2004, à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, s’en est-il parfois souvenu en dirigeant l’actuel Wagner ?

Jean Lacroix, le 21 avril 2018